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Trop d'empathie tue l'empathie

  • Photo du rédacteur: Deroubaix Marina
    Deroubaix Marina
  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture
deux visages dont l'un qui pleure se confondent pour illustrer le fait qu'avoir trop d'empathie peut faire perdre ses repères et nous faire porter les charges des autres.
On croit souvent que beaucoup d’empathie est forcément une qualité. Pourtant, mal régulée, elle fatigue, submerge, et brouille nos limites.

On parle souvent de l’empathie comme d’un super-pouvoir ou d’un signe de “gentillesse”, comme si les « gentilles personnes» en étaient dotées, et les « méchantes personnes », non. En réalité, la question est beaucoup plus subtile : nous naissons tous avec une base biologique d’empathie indispensable à notre survie, mais la manière dont elle se développe, s’exprime ou se régule varie énormément d’une personne à l’autre.


L’empathie n’est pas un interrupteu: c’est un spectre, un ensemble de compétences relationnelles et émotionnelles qui se construisent au fil de la vie.


Les neurosciences montrent que l’être humain possède, dès les premiers jours, des mécanismes naturels qui soutiennent l’empathie : imitation spontanée, reconnaissance des émotions, activation des neurones miroirs, sensibilité aux expressions faciales, attachement aux figures proches. Ce potentiel s’affine ensuite grâce à l’attachement, aux modèles parentaux, au cadre émotionnel dans lequel on grandit et à toutes les expériences de vie qui nous façonnent.


Cette empathie de base peut donc se renforcer, se dérégler, devenir hyperactive ou vue comme source de danger potentiel. Il n’existe pas une seule forme d’empathie, mais plusieurs façons de ressentir, comprendre et réagir face à ce que vit l’autre.


L’empathie dite cognitive permet de comprendre mentalement ce que l’autre vit, de nommer les émotions et imaginer son point de vue rationnellement et logiquement. On analyse sans forcément ressentir, sans s’identifier, et on peut rester calme même si l’autre s’effondre. On peut même parfois tenter de « raisonner » la personne car on ne prend pas en compte la dimension émotionnelle : on peut alors parfois paraître indifférent(e) à ce que l’autre ressent.


L’empathie émotionnelle ressent avec l’autre : sa joie, sa peur, son stress. On est plus connecté(e) à l’autre mais cela ouvre la porte à l’empathie fusionnelle ou hyper-empathie où les émotions et ressentis de l’autre deviennent les nôtres. Cela peut aller jusqu’à se sentir responsable du confort émotionnel des autres comme s’il s’agissait de nous : leur souffrance nous est insupportable alors on se met en retrait, on porte, on absorbe tout sans filtre. C’est intense et la plupart du temps, franchement épuisant.


L’empathie régulée, à mi-chemin entre les deux, permet de se connecter à l’autre, à imaginer être à sa place pour comprendre et compatir mais sans se perdre, sans s’oublier, et surtout, sans fusionner.


Trop d’empathie tue l’empathie, surtout quand elle n’est pas régulée. Quand elle est trop présente, elle est source d’épuisement, de perte de repères, elle peut empêcher de poser des limites personnelles saines et nous faire nourrir une culpabilité qui n’a pas lieu d’être. A l’inverse, quelqu’un qui en a moins peut rester juste, droit, respectueux, sans se laisser submerger. On reste de notre côté de la barrière, solide, et l’autre peut alors s’appuyer sans risquer de nous faire basculer.


La forme d’empathie la plus saine à mon sens, pour soi et pour la relation, est celle qui permet de reconnaître ce qu’on ressent et ce qui nous appartient. Celle qui permet d’être présent(e) pour les autres, de les aider à traverser leurs tourments, mais sans porter à leur place, sans les sauver et sans sacrifier nos propres limites : ce n’est pas notre rôle, ce n’est pas juste ni pour nous ni pour eux, et ce serait leur enlever leur liberté d’être et d’agir.


C’est comme dans l’avion lors des consignes de sécurité : vous pouvez aider les autres à mettre leur masque, à condition d’avoir d’abord mis le vôtre. Il y a un proverbe anglais qui dit « ne vous mettez pas la feu à vous-même pour réchauffer les autres. »

L’empathie n’est pas censée être un sacrifice : c’est une qualité relationnelle qui fait que vous pouvez compatir et épauler les autres, mais pas au détriment de vous-même. C’est finalement dire « je te comprends, je suis avec toi...et je reste moi. »


Si ce thème vous parle, je peux vous aider à faire le point au travers d’une séance « Point de rencontre », puis vous accompagner lors de séances supplémentaires si vous en ressentez le besoin. Réservez directement en ligne ou contactez-moi via le formulaire pour plus d’informations.


 
 
 

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