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Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme : changer c'est renoncer

  • Photo du rédacteur: Deroubaix Marina
    Deroubaix Marina
  • 17 déc. 2025
  • 3 min de lecture

La formule de Lavoisier « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » ne s’applique pas qu’à la physique : elle s’applique également à la vie et au changement. Changer implique toujours de renoncer : on ne crée rien à partir de rien, on transforme en acceptant de perdre quelque chose ; et tant que cette perte n’est pas consentie, le changement reste illusoire. Il ne s’agit pas forcément du côté tragique de la perte définitive et regrettable, celle qui nous hante et dont on ne se remet jamais. Il s’agit plutôt de la perte qui laisse la place à la nouveauté, à la chose transformée. À ce qui n’est plus, pour devenir ce qui n’est pas encore. C’est la fin d’un cycle qui a bien vécu et qui annonce l’arrivée d’un renouveau, certes inconnu, mais potentiellement porteur de très belles choses.


Alors oui, renoncer est difficile. On voudrait pouvoir changer à l’envi, sans coût, sans contrepartie : changer comme on change de vêtements, modifier l’extérieur sans réellement se transformer soi-même. Mais toute transformation demande une matière première, et cette matière première est souvent quelque chose qu’on n’a pas envie de perdre : une partie de notre identité, un réconfort rassurant, ou encore un bénéfice secondaire dont on n’a pas forcément conscience.


Il est bien sûr possible de changer en surface certains détails sans déranger l’inconscient et sa mission de nous protéger. Tant que cela ne le menace pas, il peut accepter volontiers certains changements - mais là encore, il y a une contrepartie : cela nous coûte du temps, de l’énergie et de la volonté. Le plus efficace reste de remplacer plutôt que supprimer, car la nature a horreur du vide. Par exemple, quelqu’un peut arrêter de fumer et compenser par la nourriture, ou arrêter les cigarettes pour se mettre à vapoter : pour l’inconscient, il n’y a aucune différence. Le besoin rempli par cette action, quel qu’il soit, continue de l’être, alors il accepte. Arrêter complètement les cigarettes, les sucreries et la cigarette électronique serait une autre paire de manches : tant qu’un comportement est vital pour l’inconscient, il ne disparaît pas, il se déplace.


Ce n’est pas une punition fataliste, ni une obligation de souffrance pour être juste, mais bien une logique de fonctionnement. L’inconscient n’est pas un saboteur, mais un protecteur. Ce principe est, je pense, exprimé symboliquement dans le proverbe « œil pour œil » : on n’échange pas un organe aussi vital et précieux que l’œil contre quelque chose qui n’a pas une valeur au moins équivalente. De la même façon, on ne change pas quelque chose de fondamental pour soi, que ce soit un comportement, une habitude ou une perspective, sans le remplacer par quelque chose d’au moins similaire. Et c’est d’autant plus complexe que la valeur que nous accordons à ces choses est purement subjective et rarement universelle.

Dans l’exemple de l’arrêt du tabac, cela peut sembler très simple aux yeux de quelqu’un qui n’en perçoit pas le bénéfice, alors que cela peut être vécu comme une mission impossible et une grande source de souffrance pour la personne concernée, en raison de la valeur qu’elle attribue à ce comportement.


Il n’y a que vous qui sachiez, consciemment ou non, ce que vous apportent vos habitudes et vos comportements. Et si vous souhaitez les changer, la thérapie peut vous aider à identifier les bénéfices secondaires qui y sont attachés, ce que vous refusez de lâcher, et vous apporter du soutien dans cet effort. Mais ce n’est pas de la magie : la thérapie n’opère pas à votre place, et surtout, elle n’enlève pas la souffrance. Elle l’accompagne et vous aide à y faire face.


La souffrance et la douleur existent, qu’on le veuille ou non, et font partie de la vie. Changer ne signifie pas s’en couper totalement, mais s’ouvrir à la possibilité de les traverser et se donner les capacités d’y faire face en réduisant leur emprise. Toujours sur l’exemple de l’arrêt du tabac, le changement devient possible non pas parce que l’envie disparaît, mais parce que la personne accepte de ne plus être rassurée de la même manière. Elle accepte l’inconfort, le manque, parfois même la colère ou la tristesse, sans chercher immédiatement à les faire taire.


Le changement n’opère pas quand on cherche à ne plus souffrir, mais quand on accepte que la souffrance existe sans lui laisser tout le pouvoir : on lui fait une place mais on ne lui donne pas un trône. On ne peut pas l’empêcher, mais on peut réduire son impact sur nous. Et c’est là que la transformation devient réellement durable.


Si ce thème vous parle, je peux vous aider à faire le point au travers d’une séance « Point de rencontre », puis vous accompagner lors de séances supplémentaires si vous en ressentez le besoin. Réservez directement en ligne ou contactez-moi via le formulaire pour plus d’informations.

 
 
 

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