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La voie des émotions : la honte est une ombre qui a peur de la lumière

  • Photo du rédacteur: Deroubaix Marina
    Deroubaix Marina
  • 4 févr.
  • 3 min de lecture
Illustration d’une personne se cachant les yeux devant une boîte aux lettres, symbolisant la peur et la honte face aux émotions et au regard des autres.
Oser regarder ce qui nous fait peur peut déjà changer notre relation à nous-même.

Qu’est-ce que la honte et comment se manifeste-t-elle ? La honte est une émotion sociale qui, comme beaucoup d’autres émotions que l’on peut ressentir, a une fonction régulatrice de nos comportements : elle nous pousse à rester dans un certain cadre pour être accepté(e) au sein du groupe, ou en tout cas ne pas être rejeté(e), et donc survivre. C’est une émotion très humaine et sans doute très utile à un moment où notre survie dépendait principalement du groupe.


Elle est à différencier de la culpabilité qui est plus axée sur des comportements ponctuels ou des situations précises, bien qu’étant une émotion toute aussi désagréable. Mais la culpabilité pousse à l’ouverture, à l’envie de réparer, et ouvre la possibilité de faire mieux ou différemment.


La honte touche à l’identité globale, à qui l’on est et surtout, comment on est perçu(e) par les autres. Avoir honte c’est avoir peur d’être vu(e) tel(le) que l’on est, et que ce que l’on est mette en danger le lien avec les autres. On en revient donc à cette idée qu’être exclu(e) du groupe équivaut à la mort. De nos jours, une mort plus sociale que littérale, mais le cerveau ne fait pas forcément la différence.


On dit que la honte est une émotion sociale car elle naît dans la relation, dans le regard de l’autre ; on éprouve rarement de la honte naturellement, sans déclencheur. L’une des premières expériences de la honte est souvent d’ailleurs lorsqu’on est enfants et qu’on exhibe un comportement qui va être jugé ou moqué par les autres : on peut ressentir de la honte alors que jusque là, on ne s’était pas posé la question. On peut aussi hériter de notions de honte à travers notre éducation ou notre famille, les silences et les non-dits. C’est ainsi qu’insidieusement, on peut intérioriser cette honte et s’y identifier, ce qui va nous pousser à réfréner ou à modifier certains de nos comportements et à anticiper le jugement des autres, nous empêchant d’être nous-même et de profiter de notre liberté.


S’identifier activement à ses émotions de honte peut conduire à des comportements problématiques, selon la manière dont on tente de supporter cette émotion très désagréable : certaines personnes extériorisent et deviennent agressives, accusent les autres et les rejettent, ce qui peut finir par mener à l’isolement; d’autres internalisent et s’auto-dévalorisent, sont en retrait et dans l’auto-sabotage, ce qui peut également mener à l’isolement. Quelle que soit la manière dont ça s’exprime, et l’intensité avec laquelle ça s’exprime, cela nous coupe des autres alors même qu’on veut simplement être accepté(e)s comme on est par eux.


Le problème ne vient pas du fait de ressentir de la honte mais de s’arrêter là, de s’identifier à sa présence au lieu de juste écouter le message qu’elle a à nous transmettre et d’en faire quelque chose. On se dit par exemple « si je ressens de la honte c’est que je suis quelqu’un qui inspire la honte, je ne suis pas comme il faudrait ». Les émotions nous délivrent des messages, et en se disant ça, on jette le courrier et on s’identifie au facteur. On se dit que s’il est venu frapper à notre porte c’est qu’on a un problème.


La honte en soi ne fait rien de mal, elle nous indique quelque chose sur nous-même, sur nos parts d'ombre, qu'on cache car elles créent un décalage entre qui l'on est et qui on souhaite être dans le regard des autres. Alors ouvrez le courrier : à quelle occasion ressentez-vous de la honte ? Qu’est-ce que cela dit de vous ? Quelles parts de vous avez-vous parfois peur de montrer par crainte du regard des autres ?


La honte n’est pas forcément là pour nous définir, mais plutôt pour

nous indiquer les parties de nous qu’on a appris à cacher par peur de ne pas être aimé(e)s tel(le)s que nous sommes. Regardez-la avec curiosité plutôt qu’avec jugement car cela peut déjà changer la manière dont vous la percevez : parfois, il suffit d’éclairer ce qui restait dans l’ombre pour que la peur perde de son pouvoir.


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