Tout le monde est réceptif à l'hypnose
- Deroubaix Marina
- il y a 2 jours
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J’entends très souvent, quand on parle d’hypnose, des témoignages de personnes disant qu’elles ne sont pas réceptives, que ça ne marche pas sur elles ou que ça ne leur a strictement rien fait. Autant la dernière proposition est tout à fait possible, et il n’est pas question pour moi de remettre en cause le ressenti de ces personnes. Autant les deux premières méritent d’être nuancées : tout le monde est réceptif, absolument tout le monde peut connaître un état d’hypnose. Si vous êtes un être humain, vous pouvez entrer en état d’hypnose. Ce qui varie, c’est la manière dont chacun y entre, la profondeur de cet état, et la perception que l’on en garde.
Tout simplement parce que l’état d’hypnose est présent naturellement chez l’humain : quand on conduit sur un chemin que l’on connaît par cœur, quand on est absorbé(e) par un livre, un film, ou une activité. Le temps semble se suspendre, on n’a plus vraiment conscience de son corps, on est là sans être là : c’est pourquoi on parle « d’état modifié de conscience ». Et l’hypnothérapie consiste simplement à induire artificiellement cet état pour travailler sur la problématique souhaitée par la personne.
Durant cet état, notre inconscient, habituellement moins accessible, est alors à l’écoute car notre conscient est distrait ; il devient alors possible de lui suggérer des changements qu’il reste libre d’accepter ou non. Notre inconscient, en plus de gérer nos fonctions biologiques vitales comme la respiration, dispose de toutes nos ressources. Il est également responsable d’une très grande majorité de nos comportements : toutes ces choses que l’on fait de manière automatique, dont on n’a pas forcément conscience, ont pour lui une utilité bien précise destinée à nous protéger. Il faut donc s’adresser à lui si l’on souhaite modifier ces comportements ou accéder à une de ses ressources, et c’est ce à quoi aspire l’hypnothérapie.
Comment se fait-il alors que certaines personnes aient l’impression de ne pas être réceptives, ou que cela n’a pas fonctionné pour elles ? Plusieurs raisons peuvent être évoquées, à commencer par la confiance et la sécurité que peut ressentir une personne en venant consulter. Si l’alliance thérapeutique n’est pas établie, que la personne ne se sent pas à l’aise pour une raison ou une autre, il va lui être difficile d’entrer en état d’hypnose. Ça ne veut pas dire que c’est impossible pour elle, ou qu’elle n’est pas réceptive, mais simplement que dans le contexte donné, elle n’est pas assez mise en confiance pour se laisser accompagner, se détendre et entrer dans cet état. Il est primordial de consulter quelqu’un avec qui on se sent bien, en qui on a confiance, peu importe d’ailleurs l’outil, pourvu qu’on se sente traité(e) avec bienveillance et empathie, et qu’on puisse se confier et être vulnérable.
Une des raisons peut aussi être le niveau d’attente de la personne venant consulter. Certains changements sont subtils, prennent du temps ou ne sont pas aussi spectaculaires que ce à quoi la personne s’attend. On peut parfois mieux dormir, réagir un peu moins fortement, penser moins souvent à un problème ou ressentir davantage d’espace intérieur, sans forcément identifier immédiatement cela comme un changement. On entend souvent parler de l’hypnose de spectacle où des choses extraordinaires se produisent, on peut alors s’attendre à ce que ce soit la même chose en consultation, et déduire que ça n’a pas fonctionné si on ne constate pas de changement grandiose. Cela peut tout à fait se comprendre, mais ne signifie aucunement que la personne n’est pas réceptive ou que l’hypnose ne fonctionne pas sur elle.
Une autre explication pourrait aussi simplement se trouver au niveau de la demande de la personne venant consulter. Parfois, on souhaite un changement sans avoir conscience du besoin auquel ce comportement répond, ou sans avoir conscience qu’on n’est pas vraiment encore prêt(e) à assumer les conséquences d’un tel changement. Cela se voit beaucoup avec l’arrêt du tabac, notamment. Dans ce cas, le problème n’est pas forcément la réceptivité, mais la cohérence de la demande avec ce que la personne est prête à vivre et à accueillir.
L’inconscient nous fait adopter des comportements qu’il estime bénéfiques pour nous, même si à notre niveau conscient on ne le comprend pas toujours. Il reste toujours libre d’accepter ou non les changements suggérés durant l’état d’hypnose et, s’il estime que les demandes menacent notre sécurité ou notre bien-être par rapport à nos croyances et à notre expérience, il les ignorera purement et simplement. Et encore une fois, cela ne signifie pas que la personne n’est pas réceptive, ou que l’hypnose ne fonctionne pas sur elle et que ça ne fonctionnera jamais. Ça signifie simplement que ce n’est pas le bon moment pour cette personne d’opérer un tel changement, qu’elle n’est pas encore tout à fait prête, ou que l’angle d’approche doit être différent.
Ce qu’il faut retenir donc, c’est que tout le monde peut être mis en état d’hypnose, mais qu’il y a tout de même certaines conditions à « remplir » si l’on souhaite un effet durable et efficace. Il est important de choisir un ou une thérapeute en qui l’on a confiance, de se sentir suffisamment en sécurité, et de comprendre pleinement les conséquences que pourrait avoir notre demande sur notre quotidien, notre environnement et notre entourage.
Il ne s’agit pas seulement de vouloir changer, mais aussi d’être prêt(e) à accueillir ce que ce changement implique. Et je ne dis pas que certaines personnes manquent de volonté, mais simplement qu’elles n’ont parfois pas pris pleinement la mesure de leur demande, ce qui peut se traduire par une résistance de leur inconscient.
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