La souffrance est inévitable et c'est une bonne nouvelle
- Deroubaix Marina
- 12 mars
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 heures

On a tendance à minimiser la souffrance, la nôtre ou celle des autres, pour fuir l’inconfort qui l’accompagne, qu’il soit physique ou émotionnel. On essaye de se convaincre que cela ne nous atteint pas, que l’on est « fort(e)s » et que l’on en a vu d’autres. On se dit que cela ne sert à rien de s’appesantir sur le sujet, que c’est négatif et que cela ne va rien nous apporter. Parfois aussi, on craint d’être jugé(e)s parce qu’on ne parvient pas à passer à autre chose.
Dans une certaine mesure, ce réflexe peut être utile. Il peut nous aider à éviter le piège de la victimisation et à faire preuve de résilience.
Mais souvent, on va un peu trop vite. On ne laisse pas le temps au temps. Lorsqu’il nous arrive quelque chose de douloureux, on passe directement et parfois sans transition au stade de la relativisation, en niant presque l’existence de la souffrance, comme si cela allait la faire disparaître par magie. Pourtant, si l’on ne prend pas un moment pour aller voir et reconnaître ce qui est là, on risque de passer à côté de quelque chose de significatif.
Prenons l’exemple des blessures physiques : on peut parfois se casser un os et aller immédiatement à l’hôpital. On apprend que la fracture est nette, que rien d’autre n’a été touché. On plâtre l’endroit, et la guérison se passe bien. Malgré le côté spectaculaire de la blessure, on n’en garde pas forcément un souvenir particulièrement traumatisant.
Prenons maintenant une petite coupure. On se dit que ce n’est pas grand-chose et que cela va guérir tout seul. Mais la coupure s’infecte : elle met finalement beaucoup plus de temps à guérir et nous impacte bien plus que si on l’avait simplement désinfectée dès le début, ce qu’on n’a pas fait sous prétexte que c’était minime.
Minimiser la souffrance ne la rend pas plus facile à gérer. Relativiser trop vite peut nous priver d’une étape essentielle : la reconnaissance de la souffrance. Quand on saute directement cette étape, on agit par automatisme. On finit par devenir anesthésié(e)s face à ce que l’on ressent, alors que la souffrance a souvent quelque chose à nous apprendre.
Pour pouvoir en tirer quelque chose, elle doit nous traverser. Si on l’évite, on évite aussi la leçon qu’elle pourrait nous apporter.
Mais l’excès inverse existe également.
Maximiser ou anticiper la souffrance peut nous enfermer dans une double peine : la souffrance déjà présente, et celle que l’on projette à partir de l’idée que l’on s’en fait.
Il ne s’agit donc pas de rester focalisé(e) sur elle pour être sûr(e) de ne rien rater. Il s’agit simplement d’aller vérifier ce qui est là avant de passer à l’étape suivante.
Reprenons l’exemple de la coupure. Une fois désinfectée et éventuellement couverte d’un sparadrap, il n’est plus nécessaire d’y penser constamment. À force de s’y focaliser, on risquerait même de ressentir davantage la douleur.
Il en va souvent de même pour nos blessures émotionnelles.
Reconnaître que l’on a souffert, c’est simplement s’accorder la grâce de reconnaître que l’on est humain : que l’on ressent, et que ce qui nous arrive peut nous affecter. Ensuite seulement, on peut relativiser. On peut se reconnecter au positif de notre vie, continuer à avancer et, parfois, tirer une leçon qui nous aidera à nous préserver à l’avenir. On peut faire des choix en tenant compte de ce que cette souffrance nous a appris.
La souffrance est inévitable et c’est une bonne nouvelle : elle est une condition inhérente à notre humanité. Le problème n’est pas la souffrance elle-même, mais notre rapport à elle et notre manière de la traiter. Etre focalisé(e) sur le fait de la nier, de l’amplifier ou de la combattre ne la fait pas disparaître, nous prend notre énergie et c'est bien souvent contre-productif. Une fois qu'on accepter qu'elle est inévitable, cela
permet de se concentrer sur comment la traverser, en commençant par la reconnaître pour pouvoir la transcender.
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