Sortir du mental binaire : la 3e option
- Deroubaix Marina
- 7 janv.
- 3 min de lecture

Souvent, on peut avoir tendance à voir les choses de manière binaire, en opposant les extrêmes : fort ou faible, courageux ou lâche, tout ou rien, noir ou blanc, gentil ou méchant, bien ou pas bien, échec ou succès, gagné ou perdu… Les exemples sont nombreux.
Ce mode de fonctionnement est rassurant, efficace et surtout rapide. Le cerveau adore les raccourcis : ils lui permettent d’économiser de l’énergie, d’anticiper et de prendre des décisions sans trop d’effort. En soi, il n’y a rien de problématique à cela. La pensée binaire peut être un outil efficace lorsqu’il s’agit de trancher vite sur des questions ou des décisions qui n’ont pas une importance vitale.
Les choses se compliquent lorsque cet outil devient systématique, notamment face à des décisions importantes. Le champ des possibles se réduit alors à deux options, souvent vécues comme insatisfaisantes. On peut se sentir coincé(e), avec l’impression qu’il n’y a pas d’issue, ou que les deux choix possibles sont « la peste ou le choléra ».
À ce stade, la nuance disparaît. La pensée devient rigide, incapable d’accueillir la complexité. Si une situation ne rentre pas dans la grille binaire, le mental ne sait plus comment la qualifier. Arriver deuxième dans une compétition : est-ce une victoire ou une défaite ? Mettre fin à quelque chose : est-ce un abandon ou un acte de courage ? Manquer de courage sur une seule chose nous rend-il lâche ? Où se situe la limite ? Le mental tourne en boucle et cherche désespérément une étiquette. Les cases sont bien jolies et pratiques jusqu’au moment où on expérimente quelque chose qui ne rentre dans aucune d'elles.
Alors comment sortir de ce mental binaire ? C’est là qu’intervient ce que j’appelle la 3e option.
Face à un dilemme formulé en termes de « ça ou ça », il s’agit de ralentir et de se poser une autre question : quelle est la 3e option ? Il n’y en aura pas toujours une, mais le simple fait de la chercher permet déjà de sortir du pilotage automatique et des raccourcis. Penser en dehors de la boîte ne signifie pas nécessairement rejeter systématiquement les options existantes, mais accepter de sortir du cadre attendu, d’explorer les nuances, de prendre le temps de considérer avant se précipiter dans des décisions binaires qui ne nous correspondent que peu.
Quand on voit tout en noir ou en blanc, on passe à côté des couleurs, des nuances, des zones intermédiaires qui nourrissent la réflexion. Accepter les gris, c’est lâcher certaines certitudes et ouvrir le champ des possibles. Par exemple, ne pas aller « bien » ne signifie pas forcément aller « mal ». Il existe une 3e option : celle où l’on reconnaît un état inconfortable, sans le dramatiser ni le nier, et qui nous convient tel quel en attendant de pouvoir y remédier. Parfois la 3e option peut aussi ressembler à pas d’option du tout : si ni la réponse A, ni la réponse B ne vous conviennent, alors peut-être que cela signifie que pour l’instant il n’y pas de réponse du tout.
Cela peut sembler évident formulé ainsi. Mais lorsque l’on est pris(e) dans le tourbillon du mental, sans prendre le temps de questionner ses automatismes, les raccourcis reprennent vite le dessus ; et avec eux, une vision du monde plus étroite qu’elle ne devrait l’être. Cela nous rappelle aussi que l’on a un libre arbitre nous permettant de faire des choix, et que si l’on se retrouve avec l’impression d’être bloqué(e) entre deux issues qui ne nous conviennent pas, on a toujours la possibilité de chercher la 3e option.
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