Avoir confiance en soi VS se faire confiance : la façade et les fondations
- Deroubaix Marina
- 25 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 25 mars

On parle beaucoup d’avoir ou de ne pas avoir confiance en soi. On cherche à l’avoir, on travaille dessus, on l’observe et on l’envie chez les autres. Mais de quoi parle-t-on exactement ? C’est souvent quelque chose de visible dans le comportement, quand on observe quelqu’un et qu’on se dit que cette personne a confiance en elle, on voit une certaine aisance dans les gestes, une posture assurée et puissante, une parole audible et fluide, sans hésitation. On se dit qu’elle est sûre d’elle alors qu’on constate quelque chose d’extérieur, une façade.
C’est facile à juger, une façade, c’est visible et donc facilement comparable. On regarde la façade des autres depuis l’intérieur de notre propre maison, depuis nos murs où sont accrochés nos doutes, nos hésitations et nos pensées critiques, depuis nos fondations douteuses. On se compare à leur façade et on se dit qu’elle est plus belle que la nôtre, plus solide ou plus impressionnante.
Mais on oublie parfois qu’on voit l’extérieur des autres et l’intérieur de nous-mêmes : si on prend un peu de recul, qu’on sort de sa maison pour regarder sa façade avec un peu plus d’objectivité, en oubliant les murs intérieurs, alors on peut réaliser qu’elle n’est pas aussi fragile qu’on ne le pensait, qu’elle est finalement aussi bien que celle des autres. Se rendre compte ainsi qu’on ne projette pas forcément aux autres l’image que l’on a de soi. On peut aussi aller voir la façade des autres de plus près, et se rendre compte qu’en fait elle est pleine de fissures, de fragilités qu’on ne voit pas à distance, et se rendre compte ainsi que les autres ne projettent pas forcément l’image qu’ils ont d’eux-même, dans l’intimité de leurs murs et de leurs fondations.
Aucune maison n’est parfaite.
On peut décider d’agir sur la façade pour embellir notre maison, puisque c’est souvent la première chose que les autres voient avant d’entrer, ou quand ils ne font que passer devant. On peut travailler son aisance à l’oral, on peut apprendre à imiter des postures puissantes, à se tenir différemment pour se sentir différent(e), à soigner son image et son physique, jusqu’à ce qu’on décide que notre façade est aussi bien voire mieux que les façades des autres.
Cela demande du temps et de l’énergie, mais c’est possible, à court terme. Mais sans travail des fondations, la maison tremblera au moindre mouvement de terrain, et la façade se fissurera. Au moindre évènement qui nous demandera des ressources, on pourrait se retrouver à manquer de confiance en soi.
Les fondations sont invisibles, et sont la base : elles correspondent à la sécurité intérieure que l’on peut ressentir, la manière dont on se parle à soi-même, sa capacité à tolérer l’erreur et l’inconfort, le fait de s’autoriser à être imparfait(e). Idéalement, ces fondations se construisent tôt dans la vie, au travers d’un environnement sécurisant, des repères stables et un regard bienveillant posé sur nous. Une liberté de faire des erreurs et d’apprendre, des ressources et des encouragements. Souvent de bonnes fondations permettent tout naturellement une façade solide, mais rien n’est absolu et ce n’est pas toujours le cas.
Quoi qu’il en soit, la solidité ou fragilité des fondations n’est pas une fatalité : il est possible de les retravailler, même quand la maison est déjà construite. Il est toujours possible une fois adulte de s’apporter les choses dont on a manqué enfant et de patiemment se reconstruire.
Cela demande en revanche d’accepter d’ouvrir le sol, de creuser, et de mettre à nu ce qui soutient réellement la maison. Cela peut d’abord mettre un bazar monstre avant de peu à peu rentrer dans l’ordre. C’est moins rapide et spectaculaire que de repeindre une façade : c’est un travail lent, profond, souvent inconfortable et même coûteux. Il peut prendre toute une vie, mais c’est un travail qui en vaut la peine et qui est durable quand on se décide à l’entreprendre.
Et lorsque les fondations sont stables, la façade n’a plus besoin d’être parfaite. Elle peut avoir son charme avec ses irrégularités, on peut finalement décider qu’elle est bien comme elle est parce qu’elle est unique. Ou on peut choisir de la rafraîchir, mais non plus pour cacher une fragilité ou donner le change mais parce que la maison est dorénavant solide et que ce travail durera.
La confiance en soi passe d’une performance à maintenir à une conséquence naturelle d’une base intérieure sécurisée. On peut décider d’accepter de ne pas toujours avoir l’air sûr(e) de nous, de montrer nos fissures, ou on peut aussi décider de continuer le travail en s’assurant que la façade est lisse et sans fissure.
Il est aussi possible de ne pas se sentir prêt(e) à entreprendre ce travail en profondeur, de se dire qu’on n’a pas les moyens ou le courage de se lancer dans un grand chantier, et se rabattre sur un rafraîchissement de la façade pour s’apporter un peu de confort. Ce n’est pas inutile et ça peut même être une étape vers le chantier des fondations, ça peut donner le courage d’aller regarder ce qui soutient la maison. Il est simplement important de se rappeler que la confiance en soi n’est pas qu’une façade à perfectionner mais souvent le produit de fondations consolidées.
Quoi qu’il arrive, une chose est sûre : c’est votre décision puisque c’est votre maison et c’est vous qui vivez dedans.
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